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Association NOUMIDIA
83 Rue de Strasbourg
68200 Mulhouse
E-mail: association.noumidia@gmail.com
Tél: 0634738971
Site:
http://www.associationnoumidia.com

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Démographie [modifier]

Année Municipalité Agglomération
1891 114 121
1901 146 276
1911 162 479
1921 171 676 192 994
1926 185 996 210 240
1931 202 405 235 230
1936 219 578 258 113
1946 364 593 449 820
1956 410 000 561 117
1966 468 997 679 603
1975 550 404 873 515
Sources : Paul Sebag, Tunis. Histoire d'une ville, éd. L’Harmattan, 1998

Dans les années qui suivent l’indépendance, la population de l’agglomération continue de s’accroître : l’accroissement est de 21,1 % de 1956 à 1966 puis de 28,5 % de 1966 à 1975 (55,6 % entre 1956 et 1975)[37]. Cette croissance régulière des effectifs s’accompagne de mutations qui modifient d’une façon radicale le peuplement de la capitale. La décolonisation s’est traduite par l’exode de toutes les minorités confessionnelles dont les effectifs s’amenuisent d’année en année. Mais les vides créés par leur départ sont surabondamment comblés par des Tunisiens qui affluent de l’arrière-pays.

Portrait d’un vieux Tunisois

Au début du XXIe siècle, la métropole de Tunis dépasse les 2 000 000 d’habitants. La multiplication par quatorze de la population depuis le début du XXe siècle est d’abord le résultat de migrations extérieures. À partir de 1975, la croissance de la population se fait de façon endogène ou par transferts des villes moyennes[38] — la croissance démographique se ralentissant progressivement tout comme l’exode rural — en raison du développement économique et de l’attractivité de la capitale. C’est dans les années suivant la Seconde Guerre mondiale que le taux de croissance de la population de Tunis connaît son paroxysme.

Après l’indépendance, le gouvernement tunisien met en œuvre, pour faire face à la croissance de la population du pays, un système de planning familial, ce qui permet de faire descendre le taux de croissance démographique. Entre 1994 et 2004, la population du gouvernorat de Tunis ne s’accroît plus que de 1,03 % par an. Elle représente, lors du recensement 2004, 9,9 % de l’ensemble de la population tunisienne[39]. Comme dans le reste de la Tunisie, l’alphabétisation de la région de Tunis a connu une évolution rapide au cours de la deuxième moitié du XXe siècle et atteint même un niveau légèrement supérieur par rapport à la moyenne nationale : le gouvernorat de Tunis connaît le niveau d’instruction supérieure le plus élevé du pays (14,8 % des plus de 10 ans[40]) et se trouve même dépassé par le gouvernorat voisin de l’Ariana (15,3 %[40]) qui accueille de nombreuses institutions d’études dans les NTIC. Celui de Ben Arous fait un peu moins bien (12,3 %[40]) alors que celui de La Manouba (7,3 %[40]) est en dessous de la moyenne nationale. Ces différences témoignent ainsi des disparités sociales au sein de la grande banlieue tunisoise.

Hommes Classe d'âge Femmes
10 033  75 et +  11 472
9 583  70-74  9 830
12 629  65-69  13 638
13 657  60-64  15 133
17 806  55-59  19 590
26 764  50-54  25 328
32 453  45-49  31 498
38 530  40-44  37 685
39 494  35-39  40 740
42 469  30-34  40 084
48 773  25-29  45 668
54 142  20-24  51 111
43 615  15-19  42 460
38 265  10-14  37 842
34 142  5-9  32 870
34 574  0-4  31 996

Culture [modifier]

Musées [modifier]

Musée national du Bardo

Logé dans un ancien palais beylical depuis la fin du XIXe siècle, le Musée national du Bardo est le plus important des musées archéologiques du Maghreb et l’un des plus riches du monde en mosaïques romaines. Ses collections se sont rapidement développées grâce aux nombreuses découvertes archéologiques faites à travers le territoire.

Le Dar Ben Abdallah, palais datant probablement du XVIIIe siècle, devient en 1964 le siège du Musée des arts et traditions populaires de la capitale. Il renferme dans ses salles d’exposition de nombreux éléments traditionnels, témoins de la vie quotidienne d’une famille de la médina.

Le Musée du mouvement national se situe dans le Dar Maâkal Az-Zaïm, demeure du nationaliste Habib Bourguiba tout au long de la période de la lutte pour l’indépendance. Après l’avènement de cette dernière, un musée y est aménagé afin de relater les péripéties de la lutte nationale entre 1938 et 1952.

Le Musée militaire national, ouvert dans la banlieue ouest de la ville le 24 juin 1989, possède une collection de 23 000 pièces dont 13 000 armes datant du XIXe siècle, une partie ayant été utilisée par les troupes tunisiennes lors de la guerre de Crimée.

Musique [modifier]

Tunis abrite des institutions musicales parmi les plus prestigieuses du pays. La troupe de La Rachidia y est fondée en 1934 pour sauvegarder la musique arabe originale et valoriser particulièrement la musique tunisienne à travers de nouvelles créations inspirées des règles de la musique ifriquienne. Elle se compose de 22 membres (joueurs d’instruments et chorale)[41].

La Troupe musicale de la ville de Tunis est créée en 1954 par Salah El Mahdi. Il charge en 1955 son disciple Mohamed Saâda de diriger cette troupe qui rassemble à cette époque les meilleurs artistes de la place qui intègrent par la suite la troupe de la radio nationale[42]. Elle contribue à la promotion de plusieurs noms de la chanson tunisienne dont Oulaya.

L’Association de l’orchestre arabe de la ville de Tunis débute ses activités à la fin du mois d’avril 1982 en tant qu’atelier lié au centre culturel municipal. Il s’attache à la promotion de la musique arabe, à la formation musicale ainsi qu’à la coopération avec divers partenaires en Tunisie et à l’étranger. L’Orchestre symphonique tunisien, créé en 1969 par le ministère de la Culture, produit par ailleurs des concerts mensuels au Théâtre municipal ou dans l’un des espaces culturels de la capitale.

Arts du spectacle [modifier]

Façade du Théâtre municipal

La ville de Tunis constitue un pôle majeur de la vie culturelle tunisienne. Le Théâtre municipal de Tunis, dès son inauguration le 20 novembre 1902, ouvre la voie à la diffusion de la création artistique dans la cité : opéra, ballet, concerts symphoniques, art dramatique, etc. Sur la scène de ce théâtre, de nombreuses représentations sont régulièrement données par de nombreux comédiens tunisiens, arabes et internationaux[43].

Dans ce contexte, le théâtre joue un rôle d’importance. Le Théâtre national tunisien, entreprise publique à caractère culturel[44], est installée depuis 1988 au palais Khaznadar (datant du milieu du XIXe siècle et situé à Halfaouine) rebaptisé « palais du théâtre ». En 1993, il prend également possession de l’ancienne salle de cinéma Le Paris, d’une capacité de 350 places, rebaptisée Quatrième art. Elle abrite chaque saison culturelle (du 1er octobre au 30 juin) plus de 80 représentations théâtrales[44].

Le théâtre El Hamra est un espace culturel situé à la rue El Jazira. Deuxième salle de cinéma ouverte à Tunis, Al Hambra (comme elle est appelée alors) est l’une des salles les plus célèbres de la capitale pendant les années 1930 et 1940[45]. Après quinze ans de fermeture, elle est transformée en théâtre de poche en 1986 et abrite le premier centre arabo-africain de formation et de recherches théâtrales depuis mars 2001[45]. On peut citer également l’existence des troupes d’El Teatro et de l’Étoile du Nord.

D’autres arts sont également représentés dans la capitale. Le Centre national des arts de la marionnette est créé le 27 mars 1993. Sa création vient couronner les efforts de la Troupe de théâtre de la marionnette de Tunis fondée en 1976[44]. L’École nationale des arts du cirque est fondée le 1er octobre 2003 au sein du Théâtre national suite à une rencontre entre le directeur de ce dernier et le directeur général du Centre national des arts du cirque de Châlons-en-Champagne (France) en 1998. L’École nationale des arts du cirque de Rosny-sous-Bois et l’Institut français de coopération concourt également à l’élaboration des programmes de l’école. Par ailleurs, des maisons de la culture sont disséminées à travers la ville et permettent diverses représentations artistiques.

La ville de Tunis offre par ses décors un paysage très tôt convoité par les producteurs de cinéma. En effet, le premier tournage de vues animées dans ses rues est réalisé par les opérateurs des frères Lumière en 1896[46]. Les premières projections sont organisées l’année suivante et la première salle de cinéma, l’Omnia-Pathé, ouverte en octobre 1908. Le premier ciné-club de Tunis est ouvert en 1946 et la première salle d’art et essai, Le Globe, en 1965.

En 1990, Férid Boughedir tourne dans le quartier d’Halfaouine son premier long métrage : Halfaouine, l’enfant des terrasses. Le Patient anglais (1996) et Les Derniers Jours de Pompéi (2003) sont eux tournés dans des studios tunisois.

Festivals et événements [modifier]

L’agglomération organise plusieurs festivals chaque année dont le plus important est le Festival international de Carthage qui a lieu en juillet et août avec un retentissement international. Fondé en 1964, il en est à sa 42e édition. Il permet de proposer au public, dans le cadre de l’amphithéâtre de Carthage (avec une contenance de 7 500 places assises en gradins), les prestations de chanteurs, musiciens, acteurs, danseurs ainsi que la projection de films sur écran en plein air. Parmi les festivals les plus réputés, nous pouvons également citer les Journées cinématographiques de Carthage organisées tous les deux ans ainsi que les Journées théâtrales de Carthage.

De nombreuses manifestations culturelles et foires sont également organisées au sein de l’agglomération tunisoise chaque année.

Enseignement [modifier]

Faculté des sciences humaines et sociales
Lycée Bourguiba

Tunis et sa banlieue concentrent les principales universités tunisiennes : l’Université Zitouna, l’Université de Tunis, l’Université de Tunis - El Manar, l’Université du 7 Novembre à Carthage et l’Université de la Manouba. C’est pourquoi, on y compte la concentration la plus forte en nombre d’étudiants en Tunisie — 75 597[47] —, ce chiffre regroupant les étudiants des universités Zitouna, de Tunis et de Tunis - El Manar.

On y trouve aussi plusieurs établissements d’enseignement supérieur tels que l’École nationale d'ingénieurs de Tunis, l’École nationale des sciences de l’informatique, l’École supérieure des communications de Tunis, l’Institut national agronomique de Tunisie, l’Institut supérieur des études technologiques en communications de Tunis ou l’Institut préparatoire aux études d’ingénieurs de Tunis. Par ailleurs, le nombre des universités et autres instituts de formation privés augmentent à l’image des créations de l’Université libre de Tunis, de l’Université centrale privée d’administration des affaires et de technologie, de l’École supérieure privée d’ingénierie et de technologie ou de l’Institut maghrébin des sciences économiques et de technologie.

Parmi les lycées de la capitale les plus connus figurent le Lycée de la rue du Pacha (fondé en 1900), le Lycée Bab El Khadhra, le Lycée de la rue de Russie, le Lycée Bourguiba (ancien Lycée Carnot de Tunis), le Lycée Alaoui ou encore le Lycée pilote de l'Ariana. Jusqu’à l’indépendance, le Collège Sadiki (fondé en 1875) et la Khaldounia (fondée en 1896) figuraient également parmi les établissements les plus reconnus. Enfin, héritage de la présence française dans le pays, la ville conserve plusieurs établissements scolaires français dont le plus important est le Lycée Pierre-Mendès-France situé à Mutuelleville.

Bibliothèques [modifier]

Siège de la Bibliothèque nationale de Tunisie

Tunis regroupe quelques unes des plus importantes bibliothèques de Tunisie dont la Bibliothèque nationale qui est d’abord installée en 1924 dans un bâtiment de la médina construit en 1810 par Hammouda Pacha pour servir de casernement aux troupes des janissaires puis de prison[48]. Devenu trop exigu, la bibliothèque est transférée, le 1er décembre 2005, dans son nouveau siège de 35 000 m2 situé au boulevard 9 avril 1938. Le nouvel édifice comporte une salle de lecture, une salle de conférences, des laboratoires, une galerie d’exposition, un bloc de services techniques et administratifs, un relais ouvert aux visiteurs, un restaurant, un parking et un espace vert couvrant 10 300 m2[48].

Abritée dans une ancienne demeure d’un savant de l’époque hafside, la bibliothèque de la Khaldounia est fondée en 1896 dans le cadre de la création de cette institution éducative. Après l’indépendance et suite à l’unification des programmes de l’éducation nationale, l’association cesse ses activités et la bibliothèque est rattachée à la Bibliothèque nationale qui assure depuis sa gestion[49].

Bâtie au XVIIe siècle, le Dar Ben Achour abrite la Bibliothèque de la ville de Tunis. Acquis à la fin des années 1970 par la municipalité de Tunis, la demeure est restaurée avant d’abriter dès 1983 la bibliothèque municipale[48].

Politique [modifier]

Capitale [modifier]

Place de la kasbah regroupant le ministère des Finances et le Premier ministère

Tunis est la capitale de la Tunisie depuis 1159. En vertu des articles 43 et 24 de la constitution de 1959[50], « Tunis et sa banlieue » accueille toutes les institutions nationales :

  • la présidence de la République qui siège au palais présidentiel de Carthage ;
  • la Chambre des députés et la Chambre des conseillers, composant le parlement, qui siègent dans l’ancien palais beylical du Bardo aux côtés du Musée national du Bardo ;
  • les ministères et les organismes publics ;
  • le Conseil constitutionnel ainsi que les principales institutions judiciaires.

Municipalité [modifier]

Institutions [modifier]

Le Conseil municipal se compose de 60 membres dont 20 assistants élus par le conseil après sa prise de fonctions[51]. Durant la législature 2005-2010, la répartition des sièges se fait de la façon suivante[52] : 48 pour le Rassemblement constitutionnel démocratique (parti au pouvoir au niveau national), 4 pour le Mouvement des démocrates socialistes, 4 pour le Parti de l’unité populaire, 3 pour l’Union démocratique unioniste et 1 pour le Parti social-libéral.

Siège de la municipalité de Tunis

Le Conseil municipal se réunit quatre fois par an mais peut se réunir en session extraordinaire à la demande du maire. Parmi ses compétences figurent l’étude et le vote du budget municipal, du programme d’équipement municipal et des actions à entreprendre dans le cadre du plan national de développement[51]. Il donne également son avis sur tous les projets devant être réalisés par l’État, le gouvernorat ou un organisme public.

Contrairement aux autres maires de Tunisie, celui de Tunis est désigné par décret du président de la République parmi les membres du Conseil municipal[53]. Abbès Mohsen, 30e maire de Tunis, est en poste depuis 2000 où il succède à Mohamed Ali Bouleymane. Il est réélu et confirmé à son poste après les élections municipales de 2005[54].

En complément des institutions municipales, chacun des quinze arrondissements municipaux dispose d’un conseil se réunissant chaque mois en présence des élus et des représentants des administrations concernées par les questions à l’ordre du jour.

Budget [modifier]

Le budget 2008 adopté par le Conseil municipal s’articule de la façon suivante : 61,61 millions de dinars pour le fonctionnement et 32,516 millions de dinars pour les investissements[55]. Il reflète l’amélioration de la situation financière de la municipalité, l’année 2007 étant une année enregistrant un excédent en ressources propres par rapport aux prévisions qui a permis le règlement des dettes de la municipalité et le renforcement de sa crédibilité à l'égard de ses fournisseurs et partenaires publics et privés.

Les recettes sont le produit des taxes sur les immeubles bâtis et les terrains non bâtis, des redevances de location des propriétés municipales, des revenus de l’exploitation de la voie publique, de la publicité, de la vente du domaine municipal et des actions que la municipalité détient dans le capital de certaines entreprises. Côté dépenses, des crédits sont prévus pour la consolidation de l’hygiène et de la propreté, de l’état de l’environnement et de l’esthétique urbaine, l’entretien de l’infrastructure, la réhabilitation et la rénovation des équipements collectifs, le renforcement de la logistique et des moyens de travail et de transport[55].

Économie [modifier]

Tableau général [modifier]

De par la concentration des activités de commandement politique (siège des institutions du pouvoir central, présidence, parlement, ministères et administrations centrales) et culturel (importants festivals et grands médias), Tunis est la seule métropole de rang national.

Siège social de la Banque internationale arabe de Tunisie

Son poids économique est donc très important : la ville constitue le 1er pôle économique et industriel du pays, abrite le tiers des entreprises tunisiennes — dont la quasi totalité des sièges sociaux des entreprises de plus de cinquante salariés à l’exception de la Compagnie des phosphates de Gafsa qui a fait l’objet d’une mesure de décentralisation de son siège social à Gafsa — et produit le tiers du produit intérieur brut national[56].

Les grandes faiblesses de l’économie tunisoise sont son attractivité insuffisante pour les investissements étrangers (33 % des entreprises, 26 % des investissements et 27 % des emplois), l’exclusion de plusieurs zones de la dynamique économique en raison des déséquilibres urbains, le taux de chômage des diplômés du supérieur qui est en progression de même que le taux d’analphabétisme qui demeure élevé au sein de la population la plus âgée (27 % des femmes et 12 % des hommes)[56]. Le nombre de personnes vivant sous le seuil de pauvreté, en régression à l’échelle nationale, reste plus élevé en milieu urbain. Par ailleurs, le chômage persiste : un jeune de 18 à 24 ans sur trois est au chômage contre un actif sur six à l’échelle nationale. Dans le Grand Tunis, la proportion de jeunes au chômage est ainsi de 35 %[56].

Secteurs [modifier]

La structure économique de Tunis, tout comme celle du pays, se tertiarise — la ville est la plus grande place financière du pays en abritant le siège de 65 % des entreprises financières — alors que les secteurs industriels perdent de leur importance (saturation des zones industrielles mais spécialisation des activités industrielles à haute valeur ajoutée)[56].

Usine des Ciments artificiels tunisiens à Djebel Jelloud

L’industrie y reste tout de même très représentée : Tunis accueille 85 % des établissements industriels répartis dans les quatre gouvernorats constituant son agglomération avec une évolution vers l’étalement des zones industrielles en périphérie, le long des axes de communication.

L’agriculture, quant à elle, est active dans les espaces les plus éloignés du centre sous forme de ceintures maraîchères ou d’espaces agricoles spécialisés (notamment dans la viticulture très présente autour de la ville). En effet, grâce à un relief en général plat et à l’encadrement de l’agglomération par les deux principaux fleuves de Tunisie, la Medjerda au nord et l’oued Miliane au sud, fertilisant grâce à leur forte charge alluviale[57], Tunis bénéficie de plusieurs grandes plaines fertiles encore très productives : les plaines de l’Ariana et de La Soukra (nord), la plaine de La Manouba (ouest) et la plaine de Mornag (sud). De plus, une vaste nappe phréatique facilement accessible par le forage de puits peu profonds apporte l’eau nécessaire aux différentes cultures. Les sols sont lourds et calcaires au nord mais légers et argilo-sablonneux au sud[58]. Les productions agricoles sont diversifiées, notamment en raison d’un régime de pluies réparties au cours de l’année : blé dur (La Manouba), olivier (Ariana et Mornag), vigne (Mornag), arboriculture fruitière, maraîchage et cultures légumineuses (toutes régions)[59].

Transports [modifier]

Transports publics [modifier]

Articles détaillés : Société des transports de Tunis et Métro léger de Tunis.
Bus de la STT
Convoi du métro léger

La ville dispose au début du XXIe siècle d’un réseau de transport en commun relativement développé et placé sous la gestion de la Société des transports de Tunis (STT). En plus des quelques 200 lignes de bus, la première ligne du métro léger ouvre en 1985. Le réseau s’étend progressivement depuis pour atteindre les quartiers périphériques. La capitale est aussi reliée à sa banlieue nord par la ligne ferroviaire du TGM qui traverse la digue divisant le lac en deux.

Par ailleurs, un nouveau projet de transport de masse, d’un montant estimé à trois milliards de dinars, doit être aménagé dans la région du Grand Tunis entre 2009 et 2012[60]. Il s’agit du Réseau ferroviaire rapide (RFR), l’équivalent du RER parisien, qui doit transporter des dizaines de milliers de voyageurs depuis les lointaines banlieues de Tunis vers le centre en utilisant des voies ferrées existantes ou à construire[61]. Il sera décomposé en cinq lignes dont la priorité est fonction de certains critères, comme la densité de la population ou le déficit de la desserte d’une zone donnée :

  • Ligne A (Tunis-Borj Cédria) de 23 kilomètres dont la modernisation et l’électrification sont en cours ;
  • Ligne C (Tunis-Djebel Jelloud-Ben Arous-Bir Kassaâ-El Mourouj-El Mghira-Fouchana-Mohamedia) de 19,4 kilomètres ;
  • Ligne D (Tunis-Mellassine-Le Bardo-La Manouba-Douar Hicher-Ettadhamen-Mnihla) de 19,2 kilomètres.
  • Ligne E (Tunis-Ezzouhour-Sidi Hassine-Essijoumi) de 13,9 kilomètres (dont 6,3 de nouvelles voies) ;
  • Ligne C+F (Tunis-Borgel-Charguia-Borj Louzir-Ariana Nord) de 10,5 kilomètres (dont 3,6 de nouvelles voies)[60].

Par ailleurs, le TGM sera intégré dans le réseau du métro léger et une nouvelle ligne construite vers Aïn Zaghouan et Bhar Lazrag (8,4 kilomètres). Une telle opération nécessitera la mise à niveau des quais de gares du TGM afin qu’ils soient adaptés aux rames du métro léger[61]. Parmi les autres projets prévus se trouvent une ligne vers la cité Ennasr (8,4 kilomètres) ainsi que l’extension de la ligne Tunis-Ettadhamen pour atteindre Mnihla (1,7 kilomètre). De son côté, la ligne sud du métro léger est étendue en novembre 2008 jusqu’à El Mourouj 6 sur un longueur de 6,8 kilomètres. La longueur totale du réseau sera à terme de l’ordre de 84 kilomètres[61].

Infrastructures [modifier]

Article détaillé : Aéroport international de Tunis-Carthage.

Tunis est desservie par l’aéroport international de Tunis-Carthage, situé à 8 kilomètres au nord-est du centre-ville, qui est mis en exploitation en 1940 sous le nom de Tunis-El Aouina[62]. L’aérogare actuelle est dotée d’une capacité d’accueil de cinq millions de voyageurs par an[62]. Diposant de deux pistes d’environ trois kilomètres de long chacune, il accueille 4 188 914 passagers en 2008 contre 304 918 en 2003[62].

Aéroport de Tunis-Carthage

Après l’indépendance, l’Office national des ports maritimes, qui prend en charge l’ensemble des ports du pays, modernise les infrastructures du port de Tunis durant les années 1960[63]. Toutefois, le développement très important des installations portuaires de La Goulette et Radès, bénéficiant de sites plus favorables, et le transfert progressif des activités et du trafic permettent d’envisager au début du XXIe siècle le réaménagement du port de Tunis et sa transformation en port de plaisance dans le cadre du réaménagement du quartier de La Petite Sicile.

Boulevard du 7 novembre

Tunis connaît également une densité de circulation importante en raison de la croissance du parc automobile qui évolue au rythme de 7,5 % par an[64]. D’ailleurs, la capitale concentre à elle seule au moins 40 % du parc national avec la circulation de quelques 700 000 voitures par jour[64]. C’est dans ce contexte que d’importants travaux d’infrastructure routière (viaducs, échangeurs, voies express, etc.) sont mis en route dès la fin des années 1990 afin de désengorger les principaux axes de la capitale[65].

Tunis est par ailleurs le noyau d’où rayonnent les principales routes ainsi que toutes les autoroutes qui desservent les diverses régions du pays :

  • Autoroute A1 : Tunis-Sfax ;
  • Autoroute A3 : Tunis-Oued Zarga ;
  • Autoroute A4 : Tunis-Bizerte.

Sport [modifier]

Au début du XXe siècle se créent les premières sociétés sportives, notamment dans un cadre scolaire, à l’exemple de l’Association tunisienne musulmane en 1905 qui regroupe les élèves du Lycée Alaoui et du Collège Sadiki et de la Nasria, dont les activités se limitent à la gymnastique. Un concours régional de gymnastique a d’ailleurs lieu à Tunis en 1912 avec la participation de milliers de gymnastes français. Peu prisé dans un premier temps par les locaux, le football fait son apparition dans la capitale le 15 septembre 1904 avec la création de la première société de football du pays, le Football Club de Tunis, qui devient six jours plus tard le Racing Club de Tunis officialisé le 11 mai 1905. Faute de compétition officielle, on organise des rencontres entre les équipes des établissements scolaires, la première d’entre elles ayant lieu le 9 juin 1907 entre l’équipe du Lycée Alaoui et celle du Lycée Carnot (1-1).

Mais le football n’est pas la seule discipline à émerger. Ainsi, entre 1928 et 1955 se disputent neuf éditions du Grand Prix automobile de Tunis qui s’impose comme le rendez-vous incontournable du sport automobile au Maghreb où Marcel Lehoux, Achille Varzi, Tazio Nuvolari ou Rudolf Caracciola inscrivent leur nom au palmarès. Les courses sont d’abord organisées sur le tracé urbain du Bardo puis sur le circuit de Carthage avant de se terminer sur un nouveau tracé au Belvédère lors de la dernière édititon. Un Grand Prix historique de Tunis a refait son apparition depuis 2000[66],[67]. La ville organise par ailleurs à deux reprises les Jeux méditerranéens en 1967 et 2001 mais aussi le Grand Prix de la Ville de Tunis depuis 2007 et un tournoi international de tennis, le Tunis Open, qui est inscrit à l’ATP Challenger Series. Dans ce contexte, le gouvernorat de Tunis compte en 2007 24 095 licenciés dans les divers clubs de l’agglomération[68].

Club  ↓ Installations  ↓ Fondation  ↓ Championnats
de football  ↓
Championnats
de volley-ball  ↓
Championnats
de handball  ↓
Championnats
de basket-ball  ↓
Club africain Stade olympique d’El Menzah 1920 12 7 8 1
Espérance sportive de Tunis Stade olympique d’El Menzah 1919 20 15 24 3
Stade tunisien Stade Chedly-Zouiten 1948 4 0 0 0

L’Espérance sportive de Tunis (EST), le Club africain (CA) et le Stade tunisien sont les grands clubs omnisports de la ville. Les matchs entre les deux clubs des faubourgs tunisois, l’EST et le CA, charrieraient symboliquement une opposition de classe sociale entre un club riche et bourgeois (EST) et un club pauvre et soutenu par les masses populaires (CA). Toutefois, en se penchant sur la composition des premiers bureaux directeurs ou sur la constitution des équipes, il est étonnant de constater combien la bourgeoisie et les notables sont présents dans les deux clubs[69].

Stade du 7 novembre à Radès

Les premières véritables installations sportives sont aménagées sous le protectorat français, comme l’illustre l’aménagement de l’hippodrome de Ksar Saïd ou la construction du stade Géo-André devenu le stade Chedly-Zouiten, dans le quartier du Belvédère, qui a longtemps été le stade principal de la capitale avant d’être supplanté par le stade olympique d’El Menzah qui voit le jour au sein du complexe de la Cité olympique d’El Menzah bâtie à l’occasion des Jeux méditerranéens 1967. Celui-ci est lui-même supplanté par la Cité olympique du 7 novembre et son stade de 60 000 places bâti à Radès pour les Jeux méditerranéens 2001 pour un coût estimé à 170 millions de dinars dont près de la moitié financée par des prêts sud-coréens et espagnols alors que le stade d’athlétisme représente un investissement de 12 millions de dinars et le village olympique un investissement estimé à 50 millions de dinars[70]. En 2008, le gouvernement annonce le lancement de la construction par le groupe émirati Boukhater d’un important complexe sportif comprenant plusieurs académies sportives, un stade de 20 000 places et un centre de natation. Baptisé Tunis Sports City, il s’étendra au bord du lac de Tunis, sur la route de La Marsa[71].

Jumelages [modifier]

La municipalité de Tunis a signé de nombreux accords de coopération et de jumelage avec diverses villes à travers le monde[72] :

  • Drapeau de l'Allemagne Cologne (Allemagne) depuis le 12 juin 1964
  • Ouzbékistan Tachkent (Ouzbékistan) depuis le 19 avril 1978
  • République tchèque Prague (République tchèque) depuis le 20 septembre 1978
  • Arabie saoudite Djeddah (Arabie saoudite) depuis le 5 novembre 1979
  • Maroc Rabat (Maroc) depuis le 2 mars 1987
  • Koweït Koweït (Koweït) depuis le 16 janvier 1988
  • Drapeau de la France Marseille (France) depuis le 5 juin 1989
  • Portugal Lisbonne (Portugal) depuis le 3 septembre 1993
  • Drapeau du Brésil Rio de Janeiro (Brésil) depuis le 29 novembre 1993
  • Qatar Doha (Qatar) depuis le 18 juin 1994
  • Chili Santiago (Chili) depuis le 25 septembre 1994
  • Oman Mascate (Oman) depuis le 26 janvier 1995
  • Italie Rome (Italie) depuis le 27 février 1997
  • Russie Moscou (Russie) depuis le 14 septembre 1998
  • Drapeau du Canada Montréal (Canada) depuis le 22 mars 1999
  • Jordanie Amman (Jordanie) depuis le 16 septembre 1999
  • Suède Stockholm (Suède) depuis le 23 septembre 1999
  • Drapeau de la France Paris (France) depuis le 20 décembre 2004
  • Autriche Vienne (Autriche) depuis le 19 janvier 2008
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